La cyclologistique, c’est-à-dire l’utilisation professionnelle de cycles pour la livraison, représente une véritable solution innovante pour transformer la logistique du « dernier kilomètre » – expression désignant les derniers segments de la chaine de distribution finale de biens ou de services – vers plus de durabilité. Elle fait partie des sujets portés par i-Viatic pour accompagner les porteurs de projet innovants en mobilité.

2020 a été à la fois l’année du boom du vélo (plus 27 % en France, dont 15 % en milieu rural), mais aussi du e-commerce avec pour conséquence une forte augmentation des livraisons à domicile. En effet, le nombre de colis expédié a augmenté de 21 % entre 2020 et 2019. Or la livraison représente 25 % des déplacements carbonés dans les centres-villes et 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Dans une optique de réduction des émissions de GES, la cyclologistique est une solution non polluante, rapide et adaptée à une grande partie des besoins de livraison en ville.

Ainsi, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a annoncé le 3 mai 2021, la mise en œuvre du plan national pour le développement de la cyclologistique, doté d’une enveloppe de 12 milliards d’euros de certificats d’économie d’énergie (CEE).

L’objectif est de réduire les émissions de GES du secteur des transports en favorisant le recours à des modes de livraisons durables grâce à des incitations économiques et le déploiement d’infrastructure.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte favorable à la mobilité douce notamment avec le développement à l’horizon 2024 de zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) pour les agglomérations de plus de 150 000 habitants, la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) pour lutter contre le changement climatique, ainsi que le vote du projet de loi « Climat et résilience » le 4 mai dernier.

Un plan national pour le développement de la cyclologistique divisé en 4 axes

Le premier axe a pour objectif de favoriser le démarrage des activités de livraison à vélo notamment grâce à divers programmes CEE.

– Le programme « ColisActtiv », soutient les acteurs de la livraison à vélo-cargo. Ce dispositif, testé dans quatre collectivités (Angers Loire Métropole, Communauté urbaine du Grand Reims, Etablissement public territorial Paris-Est-Marne et Bois, Grenoble-Alpes Métropole) va être étendu, à partir de juin 2021, à toutes les villes ayant mis en place une ZFE-m.

– Le programme « Ma Cycloentreprise » vise à promouvoir et encourager l’usage du vélo auprès des micro-entrepreneurs ou candidats à la création d’une microentreprise.

– Le programme « V-logistique », met à disposition gratuitement des vélos électriques (cargo ou simple) dans le cadre d’un usage professionnel afin de tester cette solution logistique.

De plus, le récent vote du projet de loi « Climat et résilience », élargit la prime à la conversion aux vélos électriques dont les vélo-cargos.

Le deuxième axe vise à mobiliser les parties prenantes, par exemple les pouvoirs publics, au travers des marchés publics, du développement d’assurance spécifique à la cyclologistique ou en orientant les grands donneurs d’ordre comme Amazon, UPS ou la Poste, vers la cylologistique.
Le troisième axe veut faciliter la création d’infrastructures adaptées.
Enfin, le plan national de la cyclologistique veut développer l’innovation urbaine et l’open data notamment grâce à des solutions digitales innovantes, des applications de circulation vélo spécifique à ce domaine.  Ce dernier point fera d’ailleurs l’objet d’un appel à projet spécifique dans le cadre du 4e Programme des investissements d’avenir (PIA4).