Benoit Wiatrak est chargé de mission mobilité intelligente et management de la mobilité à la Métropole européenne de Lille (MEL) et membre du comité de pilotage d’i-Viatic.

Il nous précise ce que recoupe la mobilité intelligente et évoque les projets en cours avec i-Viatic. 

Quel est votre rôle à la MEL ?

Je travaille au sein de la direction de la mobilité, à la MEL, sur le management de la mobilité qui s’intéresse aux changements de comportement des usagers. Cela se traduit notamment par l’accompagnement des employeurs dans la mise en place du plan de mobilité de leurs entreprises. C’est dans le cadre de ma 2e mission sur la mobilité intelligente que je travaille avec i-Viatic.

 

La mobilité intelligente concerne davantage aujourd’hui une métropole qu’un territoire peu dense. De quoi s’agit-il ?

La mobilité intelligente fait référence aux solutions innovantes de mobilité, souvent en lien avec le numérique, comme les applications sur smartphone, les nouveaux porteurs de solution de mobilité, la mobilité autonome ou encore les systèmes de trottinettes électriques.

Il existe une forte réflexion sur la question de la donnée et l’émergence de la mobilité servicielle (MaaS) très liée au secteur du transport public et à l’émergence de nouveaux opérateurs de mobilité. Le lien avec le secteur automobile est fort du fait de l’émergence des données issues du véhicule connecté, de la mobilité électrique et des expérimentations sur le véhicule sans conducteur. C’est un champ de réflexion très large qui repose sur les fonctionnalités des smartphones avec différentes catégories de données issues des systèmes vélo, des transports en commun ou encore du stationnement dans un objectif d’interopérabilité (passage d’un système de donnée à un autre). Il révolutionne les modes de mobilité ainsi que le rapport avec les usagers. S’y ajoutent des questions de gouvernance : relation du territoire avec les opérateurs privés, évolution du rapport avec l’exploitant de transport en commun vis-à-vis de tous les sujets d’innovation ou encore meilleure coopération entre les territoires du bassin de vie.

Des objectifs sur cette thématique devraient être inscrits dans notre plan de mobilité (ex-PDU) prévu en 2022.

 

La MEL finance i-Viatic depuis sa création en 2013. Pourquoi ?

L’idée initiale était de faire émerger une filière économique sur la mobilité intelligente. D’abord financé par le pôle « développement économique » de la MEL, le soutien à i-Viatic a ensuite été transféré à la direction de la mobilité. En accompagnant les start-ups et les entreprises porteuses de solutions dans la mise en œuvre de nouveaux services de mobilité, il était attendu de créer de la valeur et faire émerger une filière pour notre territoire. Depuis, l’écosystème de la mobilité innovante s’est structuré et consolidé avec la LOM . De nombreux opérateurs au niveau mondial ont aussi émergé. Dans la pratique, les porteurs de solution fonctionnent avec des levées de fonds privées très importantes. Des appels à projets ont vu le jour pour accompagner les expérimentations. Les territoires doivent composer entre les opportunités de créer de nouveaux services et l’adéquation avec les enjeux locaux (accessibilité, sécurité ou encore décarbonation). L’activité d’i-Viatic s’est petit à petit réorientée vers des réponses à des appels d’offre et des prestations d’assistance à maitrise d’ouvrage pour des aménagements ou des expérimentations. Concernant le covoiturage par exemple, l’ultra-concurrence ne marche pas si elle n’est pas régulée. La présence du secteur public est indispensable pour accompagner, inciter ou encore fixer un cadre.

 

Quels sont les projets en cours avec i-Viatic ?

Le projet Haute Borne Mobilités a émergé en 2018 dans le contexte de l’aménagement du Grand Carré du Parc scientifique de la Haute-Borne, situé sur les communes de Villeneuve d’Ascq et de Sainghin-en-Mélantois en métropole lilloise. La SPL Euralille a été amenée à réfléchir aux enjeux d’accessibilité du site pour résoudre les problèmes d’accessibilité en réinventant la mobilité au quotidien pour faciliter les déplacements. Cette réflexion avait aussi pour objectif de limiter l’impact sur l’environnement et la qualité de l’air, ainsi que de désengorger le trafic automobile en encourageant des modes de déplacements alternatifs. Les expérimentations de trottinettes électriques et de navettes ont débuté cet automne.

Une démarche similaire est en réflexion sur le secteur Euralille, toujours porté par la SPL.

Le projet de covoiturage Pev’MEL fait suite à une étude sur les transports et la mobilité commanditée par la communauté́ de communes Pévèle Carembault puis, en 2017, une délibération de coopération avec la MEL. Il vise à développer une offre de lignes de covoiturage entre les deux territoires et s’achèvera prochainement.

 

Quelles sont les forces d’i-Viatic du point de vue de la métropole ?

i-Viatic est bien identifié par les aménageurs comme SPL Euralille, la SEM Ville renouvelée ou les promoteurs tels que Kaufman pour son expertise sur les solutions de mobilité innovante, son savoir-faire sur l’assistance à maitrise d’ouvrage et sa connaissance des acteurs institutionnels. Sur un projet comme Pev’MEL, i-Viatic représente le tiers de confiance, sans intérêt privé, qui accompagne un projet de coopération et fait le lien entre une métropole et une communauté de communes. I-Viatic fait le lien avec les territoires là où les entreprises fonctionnent en propre. Son action facilite ainsi les processus de coopération entre porteurs de solutions et territoires, sur la base des besoins recensés par ces derniers.

MEL
Métropole européenne de Lille

La Métropole Européenne de Lille rassemble 95 communes et plus d’un million d’habitants sur un territoire à la fois rural et urbain, composé de grandes villes et de villages. Avec une continuité urbaine et de nombreuses villes jumelles le long des 84 kilomètres de frontière avec la Belgique, elle forme une agglomération transfrontalière de 2,1 millions d’habitants.

Deuxième agglomération française en ce qui concerne la densité de sa population (1 765 habitants/km2), la MEL compte 1 146 320 habitants (source : INSEE – 2017). 4e agglomération par sa taille après Paris, Lyon et Marseille. Quatre communes comptent plus de 60 000 habitants : Lille, Roubaix, Tourcoing et Villeneuve d’Ascq. Elles rassemblent ainsi près de 43 % des métropolitains.

La Métropole Européenne de Lille organise ses services autour de 11 pôles gérant l’ensemble de ses compétences et intervient aujourd’hui dans 20 domaines essentiels au service de ses usagers dont l’aménagement du territoire.

Site web : https://www.lillemetropole.fr/votre-metropole/competences/amenagement-du-territoire/transports

[1] Loi d’orientation des mobilités

[2] Société publique locale

[3] Société d’économie mixte